Comment écrire un roman ? la structure en 3 actes

Est-il possible de devenir écriavain ? Écrire un roman est une aventure exaltante qui correspond avant tout à une envie. Réaliser cette envie, lui faire prendre forme réclame un investissement conséquent : de quelques semaines au minimum jusqu’à plusieurs années pour certaines œuvres maitresses. À titre d’exemple, il faudra quatorze ans à J.R.R. Tolkien pour venir à bout du Seigneur des Anneaux… Il existe différentes méthodes pour apprendre à entreprendre un récit. La plus utilisée est la structure en trois actes, que reprend également très souvent le cinéma. D’une grande souplesse, elle est idéale pour apprendre à écrire un roman et offre des possibilités infinies à l’imagination.

Le cheminement de l’auteur : de l’idée à la structure en trois actes

On pourrait décrire l’écriture d’un roman comme la mise en forme de l’imagination. Suivre une méthode permet en effet d’apprivoiser ses idées et d’en faire la critique afin de les exprimer correctement.

Les conditions de l’écriture

Il est préférable d’organiser son emploi du temps pour libérer des plages horaires favorables à l’écriture. Mais un planning chargé en semaine au travail et le week end en famille n’offre pas toujours ce luxe. Une solution est d’écrire au réveil : on bénéficiera ainsi de sa meilleure forme et de ses meilleures capacités. Un autre avantage de cette méthode est de pouvoir écrire tous les jours. Ce n’est pas indispensable mais un roman nécessite un investissement régulier. Voir le travail progresser au quotidien est la meilleure défense contre la lassitude et le découragement. Une solution complémentaire consiste à exploiter au maximum les temps morts de la journée. Écrivez là où vous êtes : dans les transports en commun ou pendant vos pauses au travail par exemple. Si les conditions ne sont pas forcément optimales pour la rédaction, vous pouvez en profiter pour relire, corriger ou mettre en forme. Ces moments peuvent être exploités également pour ajuster des éléments du scénarios, noter des idées, réfléchir à des éléments mineurs qui enrichissent le récit.

Les modèles de scénario : la structure en trois actes

Parmi les différents modèles existant pour établir un scénario, la méthode dite de la structure en trois actes s’impose pour sa praticité et sa simplicité. Elle est employée depuis la tragédie grecque, Aristote en ayant proposé une définition : une histoire est constituée d’un début, d’un milieu et d’une fin. Ce modèle permet au romancier de situer l’idée forte au cœur de son projet, de la préparer, de la développer et de la confronter. Cette méthode est très souvent utilisée également au cinéma. Une structure en trois actes commence par poser le décor : un roman est basé sur une ambiance et des personnages qu’il s’agit de présenter. La première partie met donc en scène l’univers dans lequel va se passer l’intrigue. Puis dans un deuxième temps, un événement déclencheur va confronter les protagonistes à des évènements inattendus, surprenants ou angoissants (l’énumération n’est bien sûr pas exhaustive). Cette partie, la plus longue, va décliner toutes les difficultés auquelles doit faire face le héros. La troisième partie résoudra l’intrigue (de façon plus ou moins explicite) et permettra au romancier de faire passer son propos (de façon plus ou moins subtile).

Les méthodes d’apprentissage

Il existe plusieurs façons de se familiariser à l’écriture d’un scénario et à la méthode en trois actes. Depuis une vingtaine d’années, on trouve des  forums d’écriture sur le net, dont les meilleurs sont en quelque sorte la version 2.0 d’un atelier d’écriture. Ces structures permettent l’apprentissage grâce à des notions théoriques mais surtout grâce à des exercices pratiques qui permettent à l’écrivain en herbe de se familiariser aux fondamentaux : comment réaliser une description physique, psychologique, quel point de vue (interne, externe ou omniscient) est le plus judicieux, comment mettre au point la progression dramatique… Il est possible de publier nouvelles, poèmes et romans et de recevoir des commentaires sur de nombreux forums. Certains sites de qualité (comme oniris be) sélectionnent et corrigent les textes avant de les publier. Pour aller plus loin, on peut également avoir recours aux services de professionnels : de nombreux écrivains proposent aujourd’hui des formations en ligne sous forme de coaching littéraire. Ils prodiguent des conseils d’écriture sur plusieurs semaines en accompagnant l’auteur tout au long de la rédaction. Des sites spécialisés proposent également ce type de service, la plupart du temps sous forme de modules présentant des techniques et des exercices. Aux États-Unis, un théoricien célèbre, Robert McKee, a publié des ouvrages sur l’écriture créative et en particulier la structure en trois actes. Il donne des conférences à travers le monde entier et propose également des formations.

Comment mettre au point une structure en trois actes ?

Réaliser une structure en trois actes réclame quelques notions théoriques simples à appréhender. L’objectif est de bien différencier les trois parties, de comprendre quels en sont les enjeux pour bien se familiariser au processus.

La mise en place

Toute histoire a besoin d’un contexte cohérent, crédible, et de protagonistes crédibles et bien campés. La première partie d’une structure en trois actes va donc consister à planter le décor, créer une ambiance et présenter les personnages. Cette entrée en matière est fondamentale : c’est elle qui va décider de l’intérêt du lecteur et le convaincre ou non de continuer sa lecture. Un roman réclame plusieurs heures de lectures et il est de toute première urgence d’intriguer, d’intéresser le lecteur dès les premières lignes. On peut partir sur une considération originale, un trait de caractère d’un personnage, un événement particulier, etc. Les premières pages doivent donc créer une ambiance, un monde cohérent et suffisamment attractif pour intéresser le lecteur. Le but est de proposer la description d’un univers complet, fini, presque parfait qui va être dérangé par la problématique principale du roman. Pour donner un exemple, on peut décrire la vie quotidienne d’un personnage, son travail, sa vie de famille, ses passions… Cet univers va être remis en question, plus ou moins brutalement, par l’irruption du phénomène déclencheur : un évènement inattendu vient perturber la mécanique et lance véritablement le roman. Cet évènement ne doit pas arriver « comme un cheveu sur la soupe » mais au contraire être cohérent avec les premières pages. Selon la longueur du roman, le premier acte peut occuper de trente à cinquante pages, soit le quart environ. Elle peut être plus longue dans le cadre d’un roman fleuve.

Problématique et confrontation

Le coup est parti : l’univers élaboré dans le premier acte est bouleversé par l’élément déclencheur (une disparition, une rupture, une rencontre…). Le deuxième acte va être le lieu de la progression dramatique qui décrira les tentatives du héros pour s’adapter aux conditions nouvelles qui perturbent son univers. Cette partie constitue le cœur de l’ouvrage et elle est aussi la plus longue : elle représente en général environ la moitié du roman, parfois plus. Elle constitue le moment privilégié pour l’identification au personnage : une intrigue réussie attire le lecteur au cœur de l’action. Qu’aurait-il fait à la place du personnage principal ? La progression dramatique aboutit à ce qu’on appelle le point culminant du récit. Les choix et les actions du héros ont produit une série de situations qu’il a du affronter les unes après les autres et qui débouchent sur une sorte de point de non retour : l’univers décrit dans la première partie est définitivement remis en cause et plus rien ne sera jamais comme avant. L’intrigue peut progresser de multiples façons, selon les intentions de l’auteur : le personnage peut être seul face à son destin ou au contraire trouver du secours ou des solutions auprès d’autres protagonistes (qui peuvent être déjà connus du lecteur ou apparaître dans cette seconde partie).

La résolution

C’est ici que les intentions de l’auteur s’affirment. Quel que soit le genre littéraire choisi, le personnage, confronté à une situation de vie nouvelle va devoir s’en accommoder. Le troisième acte est donc la résolution de la problématique mise en scène par le roman. Il occupe à peu près la même place que la première partie et délivre au lecteur, de façon plus ou moins habile, l’intention de l’auteur. Celui-ci a d’innombrables soultions à son service. Le cinéma hollywoodien privilégie par exemple le « happy end ». Le spectateur s’étant attaché au personnage, le faire triompher est la meilleure façon de le satisfaire… Dans le domaine du romanesque, la nuance est de mise : la situation initiale ne peut être véritablement recouvrée comme cela arrive parfois au cinéma. le personnage principal gardera au minimum des séquelles de l’aventure qu’il vient de vivre. Tout le talent de l’écrivain réside dans la suggestion subtile d’une situation nouvelle et de ses conséquences.

Comment aboutir à un tapuscrit définitif et obtenir des lecteurs ?

Avant de présenter un texte devant un public, il est important d’être intransigeant avec le fond et la forme. Le premier jet achevé, il faudra le laisser reposer un temps plus ou moins long (au moins quelques jours) avant d’en faire la critique.

Traquer les incohérences et les faiblesses

Une relecture attentive permettra d’améliorer la forme et de réfléchir au bien-fondé de telle ou telle scène. A ce stade, faire relire à un proche permet d’améliorer le tapuscrit. Celui-ci pourra relever des erreurs, poser des questions, formuler des critiques, qui aideront à l’établissement du texte définitif. Cet examen permettra d’améliorer le texte, de reprendre par exemple un chapitre jugé confus et de retravailler la forme pour la rendre la plus explicite possible (en fonction des intentions). A ce stade, comme tout au long de l’écriture, il est fondamental de ne pas être prisonnier du scénario. Il est un fait que les meilleures idées arrivent toujours pendant le processus d’écriture : il faut les suivre quand elles se présentent afin de ne pas les perdre, quitte à bousculer le scénario prévu. Une nuit de recul permettra de juger de leur pertinence. A l’étape de la relecture, il peut arriver également que de nouvelles idées ou de nouvelles visions se présentent. L’auteur aura tout intérêt à les exploiter toutes pour pouvoir garder les meilleures.

Établir le texte définitif

Une méthode efficace consiste à imprimer le tapuscrit et à le retranscrire une dernière fois sur le traitement de texte. Cette façon de faire permet de se ré-immerger dans le texte et de procéder à des modifications mineures, le plus souvent de forme, qui amélioreront encore le récit. Cette étape peut être considérée fastidieuse mais elle permettra d’établir le texte au plus près des intentions de l’auteur. Il n’est pas rare que des problèmes se fassent jour lors de cette étape. Y sacrifier permettra de les résoudre et d’améliorer le style littéraire. Il faut être entièrement convaincu de son texte avant de le présenter pour lecture et cette retranscription scellera définitivement la confiance et la conviction. Enfin, faire procéder à une relecture et à des corrections permettra d’avoir un texte irréprochable. Faire appel à un professionnel a un coût, tout dépend donc du budget qu’on entend consacrer au roman. Il est possible de procéder aux corrections par soi-même, le mieux étant évidemment de se faire aider par des proches. Ce travail étant fastidieux, une solution consiste à « distribuer » des chapitres autour de soi. Il faudra disposer d’amis fidèles et ayant un niveau d’orthographe correct, le travail étant fastidieux…

Proposer son œuvre

Écrire un roman et être publié sont deux choses différentes… Pour un premier roman, il est possible de recourir à l’édition traditionnelle mais il faut savoir du départ qu’une infime partie des manuscrits adressés sont publiés. Pour avoir les meilleures chances, il faudra travailler en amont : c’est-à-dire chercher quelles maisons d’éditions pourraient être intéressées par le texte. Recourir à de petites structures et en premier lieu aux locales se révélera le plus approprié. Il faudra tenter sa chance des dizaines de fois : la plupart des maisons d’édition acceptent aujourd’hui des fichiers textes, ce qui épargne les frais d’envois autrefois décourageants. S’il faut fuir les éditions à compte d’auteur, qui demandent de payer environ deux mille euros pour l’édition de quelques dizaines d’exemplaires qu’il faudra ensuite commercialiser soi-même, l’autoédition offre aujourd’hui des perspectives intéressantes. Amazon et Lulu dominent très largement le marché mais il existe également de plus petites structures. Il faudra examiner en détail les avantages et les inconvénients de chacune. Publier un roman est aujourd’hui à la portée de tous, alors que c’était un parcours du combattant il y a seulement vingt ans.

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