Ecrire un roman facilement : la structure 3 actes

Qu’est-ce que la structure en 3 actes ?

Ecrire un roman est à la portée de tous, mais écrire un bon roman ne l’est pas. Le plus difficile c’est de le structurer : créer les personnages, maintenir l’enthousiasme du lecteur, équilibrer les péripéties, cohérer les scénarios, etc. Tout cela s’apprend. Il existe plusieurs options pour structurer son roman, mais la plus simple à adopter est la structure en 3 actes. C’est sûrement la meilleure méthode pour écrire un livre, lorsqu’on est débutant.

En tant que fans de romans, contes, ou théâtres, vous connaissez déjà la structure en 3 actes, sans vous en rendre compte, à travers les bouquins d’histoires que vous avez lus et qui vous ont plu. La plupart des films sont également structurés en 3 actes.

« La guerre des étoiles » de Georges Lucas, qui a connu tant de succès auprès des lecteurs est l’exemple le plus proche d’une structure romanesque en 3 actes. Avec ce roman très immersif, Lucas se montre très manipulateur car il parvient à chaque fois à emmener ses lecteurs où il le veut, à travers son atmosphère utopique et ses personnages facilement identifiables.

Si vous lisez les livres du mythologue américain Joseph Campbell, vous allez aussi remarquer cette immortelle structure dans ses histoires, contes et légendes. C’est de ces œuvres que l’auteur des films Stars Wars s’en est largement inspiré pour écrire son premier scénario ainsi que toutes les suites de la série. N’hésitez pas à les revoir pour les décortiquer.

Mais alors, qu’est-ce que la structure en trois actes ? C’est le squelette de base utilisé par les scénaristes et conteurs pour désigner les trois temps de référence de leurs récits : le début, le milieu et la fin. On l’utilisait depuis des siècles pour rendre plus captivante une histoire, pour passer d’une imagination à un script construit, cohérent et logique.

Chaque acte joue un rôle différent et vise trois principaux comportements émotionnels du public tels que la pitié, la peur et le soulagement. Les actes 1, 2 et 3 sont souvent appelés respectivement, l’exposition, la confrontation et la résolution.

La structure narrative en trois actes puise son origine il y a bien longtemps, grâce à Aristote qui procédait à sa théorisation dans « La Poétique ». C’est d’ailleurs la technique d écriture de livre la plus répandue de notre siècle par les dramaturges iconiques, mais aussi la plus efficace pour raconter une histoire.

L’acte 1 ou l’exposition

L’acte 1 représente 25% de la durée de l’histoire. C’est le début de l’histoire dans lequel le scénariste fait la présentation : introduire les personnages principaux, le héros de l’histoire, le contexte et la situation de départ, etc. Appelé aussi « exposition », l’acte 1 constitue l’étape de fondement de la narration l’où on expose de façon brève et explicite la mise en scène et les décors.

Le narrateur y intègre aussi les éléments essentiels à la continuité de l’histoire notamment les bouleversements dans la vie du personnage majeur. Ce changement peut être dû par exemple à un accident, à l’apparition d’un frère inconnu, mort d’un proche, échec, évènement imprévu, un choix, etc. Les possibilités sont infinies pour les évènements selon l’imagination de l’auteur. Ce bouleversement va marquer le début de l’acte 2 et monter le cours de l’acte 3.

L’acte 2 ou la confrontation

L’acte 2 constitue quant à lui près de 60% de l’histoire. C’est le cœur de l’histoire et c’est là que le héros part pour un long périple, mène une quête, fait face à de nombreux obstacles ou se confronte à ses ennemis. Son but est d’atteindre la nouvelle stabilité suite au grand bouleversement déclenché dans le premier acte.

La première partie de l’acte 2 est introduite par le calme ; tout est détendu, aucune tension, l’environnement est agréable. Cela offre aussi bien à l’héros qu’au lecteur une sensation d’enthousiasme. Tandis que la seconde partie est à l’inverse ; tout va mal soudainement et l’atmosphère devient ardue. Elle est annoncée souvent par l’apparition de nouvelles intrigues, d’un nouveau décor ou bien d’une piste pouvant engendrer des difficultés.

Dans ce cas, les drames s’enchainent et s’intensifient progressivement au gré de l’aventure jusqu’à ce qu’ils atteignent un point culminant : le climax. Dans la technique d’écriture de livre, le climax est la scène où le narrateur emmène son lecteur à l’apogée émotionnelle. Il s’agit d’un tournant durant lequel le personnage éprouve la dernière et la plus grande épreuve. Cependant, il progresse pour atteindre son objectif final. La seconde partie de l’acte 2 emporte le héros automatiquement vers l’acte 3.

L’acte 3 ou résolution/dénouement

L’acte 3 est la partie la plus courte de la structure car il ne représente que 15% du roman. C’est la partie finale dans laquelle le scénariste propose le dénouement/résolution de l’histoire, ce dont le spectateur a tant attendu avec impatience.

Ce stade dénonce souvent le triomphe. Puisque le héros a pu venir à bout de ses adversaires, arrive à surmonter les obstacles dramatiques, a trouvé la solution aux aléas qui se sont noués depuis le début de l’histoire. Avec les autres protagonistes, ils ont concrétisé leurs efforts.

Les lecteurs assistent enfin à la victoire de ses personnages. Ils jouiront d’une stabilité d’émotion dans la joie. Ils pourront aussi se baigner dans la tristesse si le narrateur n’opte pas pour le happy end. Dans ce cas, malgré tout une résolution constitutive à toutes les difficultés vécues par les personnages principaux, la seule issue sans échappatoire est l’échec : la mort, la déception, la fuite, etc.

L’importance de la structure en trois actes

Comme le maçon qui ne peut construire les murs sans passer par la fondation de la maison, le narrateur ne peut écrire son histoire s’il ne construit pas au préalable la structure du roman. On l’appelle aussi schéma narratif.

La structure en trois actes fonctionne à 100% si vous souhaitez apprendre à écrire un roman, même pour un tout premier essai. Elle offre un cadre simple pour rédiger un scénario cohérent et efficace. Certes, il n’existe pas de recette unique pour écrire son roman, mais cette façon se positionne comme la meilleure pour briser la glace. Et cela n’est pas un hasard.

D’abord, parce que cette technique est basée sur le comportement émotionnel des êtres humains et sur la logique d’apprentissage. Elle accroche naturellement les amoureux de la lecture. Un roman structuré en trois actes est, dans la pratique, une simulation de l’expérience de la peur ressentie quand nous luttons, la joie de vivre quand nous triomphons et la tristesse en cas de souffrance. Ce qui permet une meilleure réactivité dans des situations plus proches de ce qu’on vivait dans le livre.

Ensuite, cette structure offre au narrateur une vue d’ensemble de son concept. Elle permet d’imaginer à quoi ressembleraient le début, le milieu et la fin du récit sans s’introduire dans les détails. Elle constitue un véritable plan l’indiquant où aller, quelles sont les différentes possibilités, avant même de prendre son plume d’encre.

Vous l’aurez compris, le processus en 3 actes est primordial dans la concrétisation de votre projet de devenir auteur de livre surtout si vous êtes fans des univers imaginaires (fantasy, science-fiction, dystopie, fantastique). La majorité des écrivains et scénaristes les plus lus au monde sont passés par là, comme l’auteur de « Harry Potter à l’école des sorciers » (J.K. Rowling), celui de « Star Wars » (Georges Lucas), et de « Le seigneur des anneaux » (JRR Tolkien).

Comment planifier l’acte 1 de votre roman ?

Bien que l’application écriture roman par la structure en 3 actes soit assez simple, il y a quand même des règles à respecter. Il vous faudra, avant tout, bien l’organiser pour être certain d’attirer des lecteurs. Et pour que ces derniers lisent votre histoire jusqu’à la fin, vous devriez bien soigner sa base dans tous les détails. Tout dépend de la réussite du début de votre histoire.

L’acte 1 est le « il était une fois » de votre l’histoire dans lequel il faut faire parvenir toutes les informations dont le lecteur nécessite pour suivre l’action suivante. Le cadre de l’intrigue, le personnage principal et le protagoniste, les endroits et l’époque où se déroulent les scènes, sont tant d’informations que vous devez exposer dans les premiers chapitres de votre roman.

Le choix du thème dépend de votre passion et votre sens d’imagination d’auteur, veillez seulement à ce qu’il soit assez accrocheur vis-à-vis des futurs lecteurs. En tout cas, vous devez plaire ce que vous écrivez. Vos lecteurs doivent également pouvoir reconnaitre au bout de quelques pages le genre auquel appartient votre roman : roman psychologique, roman policier, romantique, thriller, science-fiction, fantastique …

Le personnage principal ou le héros tient une position centrale dans une histoire. Il est au centre de l’intrigue. Pour créer un personnage principal, le secret est de bien le connaître. Prenez donc le temps d’étudier votre personnage en répondant aux questions essentielles : qui est-il précisément ? Quels sont ses points forts et ses faiblesses ? Comment vit-il sa vie ? Etc. Sans omettre aucun détail.

Après le personnage principal, il est maintenant temps de présenter les autres personnages impliqués et d’introduire le lieu de l’action. Chaque scène doit également être mentionnée avec ses objectifs afin de savoir exactement ce qu’apporte chacune d’elles à votre récit. Dans l’ensemble, tout doit être parfaitement cohérent avec la thématique, à savoir les personnages, l’atmosphère et l’époque de la scène.

Enfin, la fin du début doit être indiquée par un bouleversement total du quotidien du personnage, causé par un incident déclencheur ou élément perturbateur. Cela demande une attention particulière notamment pour la nature de l’incident déclencheur. Elle doit retenir l’attention de votre lecteur et susciter son intérêt ainsi que son attachement émotionnel. L’acte 1 est un peu difficile à rédiger, mais une fois que vous arriviez à le ficeler correctement, il ne vous sera que bénéfique pour les suites de l’histoire.

Comment faire pour obtenir un acte 2 attrayant ?

La conception de l’acte 2 est encore plus difficile que celle du précédent. Il constitue la partie la plus longue et est le plus important puisque c’est l’histoire dans l’histoire. C’est à travers cette étape que le lecteur peut ressentir ou non ce que ressent son héros et qu’il plonge dans le fond de l’histoire. C’est aussi au cours de l’acte 2 que le lien entre le héros et le lecteur devient de plus en plus intense. Ainsi, il est important de cibler au préalable la bonne ligne directrice.

Dans le second acte, votre héros devra se confronter à une série d’obstacles comme des conflits ou des confrontations, physiques ou verbales. A chaque fois que la situation semble revenue à la normale, il faut ajouter un nouvel obstacle encore plus dur à passer. Il faut enchaîner une variété possible de tension dramatique. L’objectif est d’empêcher votre héros d’atteindre facilement ses buts, le tout dans la logique et la cohérence, afin de maintenir l’intérêt de votre lecteur.

Le point médian est un élément indispensable pour l’acte 2. Il doit se situer de préférence en plein milieu de l’acte 2. Il peut être l’apparition ou la disparition d’un personnage qui va diriger encore plus amplement l’acteur principal vers son objectif. Un autre moyen est l’ajout d’une intrigue secondaire à ce point médian. Celle-ci peut détourner pour un bout de temps le héros de son but principal. Mais attention, veillez à ne pas perdre l’intrigue principale ou changer le thème.

Le climax est un autre grand support pour écrire un roman digne d’un grand prix de la littérature. Il désigne le point culminant ou le point de crise de l’intrigue et doit être introduit juste avant la fin de l’acte 2. C’est la scène la plus dur pour votre personnage. C’est le moment durant lequel il plonge dans le noir, affaibli moralement et physiquement sans avoir le moindre espoir de réussir.

Malgré cela, votre personnage doit agir afin de résoudre le problème surgissant suite à l’incident déclencheur. Votre objectif est cette fois-ci de recentrer toute l’attention de votre héros vers son objectif final. Le point culminant catapulte votre récit dans le troisième acte.

Comment réussir la planification de l’acte 3 ?

L’acte 3, c’est le dénouement et la fin de l’histoire. Votre lecteur sera très ravi d’en arriver là, car la situation devrait enfin se rétablir. Il prend tellement de plaisir tout en ayant du mal à quitter ses personnages favoris. Certains d’entre eux n’hésitent pas à sauter quelques chapitres du milieu de la narration par hâte de découvrir la fin. Par conséquent, la fin d’un roman est très importante pour le lecteur.

L’acte trois débute avec la bataille finale que le héros aurait dû affronter avec difficultés au moment du climax, mais qu’il en est sorti vainqueur. Il s’agit de la fin de l’intrigue, c’est donc qu’il est temps de penser à terminer l’histoire : le trésor doit être trouvé, le coupable doit être condamné, le naufrage et la tempête doivent cesser, etc.

C’est à ce stade que vous allez décider de conclure votre histoire. Est-ce que le personnage a pu revenir à la même vie qu’avant ou est-ce le moment pour lui d’avoir un nouveau départ, heureux ou malheureux, positif ou négatif… Il doit avoir reçu une bonne leçon de vie et va s’en servir dans son avenir. Votre héros peut aussi avoir trouvé l’amour de sa vie au cours de sa quête, avoir gagné une grande somme d’argent, retrouvé la santé, avoir une belle vie, etc.

Bien évidemment, le dénouement ne mène pas toujours à un Happy End mais, à vous de le choisir selon votre talent de créateur. Cependant, le dénouement doit indiquer la résolution de tous les problèmes, l’explication de tous les mystères, Il doit également renseigner ce que sont devenus les amis du héros 2 ans plus tard par exemple.

Nos conseils pour écrire un roman facilement : lisez beaucoup !

Avant d’écrire votre premier roman en structure 3 actes, n’hésitez pas à décrypter vos romans préférés afin de vous en inspirer. L’idée est aussi d’étudier les schémas narratifs sous-jacents. Après tout, si vous avez l’ambition de devenir un célèbre écrivain, vous ne devriez pas vous passer de la lecture. Un bon auteur est souvent synonyme d’un bon lecteur.

Lire vous permettra d’avoir un bon guide pour écrire un roman et de découvrir plusieurs types de structures. En vous transportant dans différents univers féeriques ou fictifs ou encore dans des époques différentes, les livres stimulent votre créativité. En lisant des romans ayant le genre qui vous enthousiasme, vous découvrirez les trames et les anciennes intrigues et vous connaitrez davantage l’art des mots, en plus de passer un merveilleux moment. Vous avez par ailleurs la liberté de vous inspirer des autres livres romanistiques pour créer à votre tour une œuvre hybride et authentique.

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