Écriture et peinture, des arts en incandescence : restitution de l’atelier d’écriture

.

visuel franciam carréÉcrire comme Franciam Charlot peint

L’atelier propose d’expérimenter la façon dont une œuvre picturale peut-être source d’inspiration. L’observation des méthodes dont le peintre fait usage dans un tableau peut constituer pour celui qui écrit un répertoire d’outils fertile : griffer, frotter, recouvrir, éponger, retrouver, déchirer… ces gestes de l’artiste peuvent être transposés en autant de gestes scripturaux ; de l’échelle du détail à celle de la composition, il existe des correspondances entre l’élaboration d’un tableau et celle d’un texte. Les diverses manières développées par Franciam Charlot pour représenter la figure humaine ouvrent sur des approches variées de l’écriture, allant du récit au poème, voire à la maxime. Celui qui veut écrire peut, à la manière du peintre, découvrir d’autres gestes par lesquels empoigner la matière du langage pour empoigner le monde.

Anne-Christine Tinel

.

.

.

Extrait :

Ils venaient de loin, tout de cendre vêtus. Seul l’enfant s’abritait d’une dépouille animale. Le feu, le sang les faisaient avancer.

Être deux, yeux révulsés, vide intérieur. Ils s’agrippent et avancent vers un monde civilisé. Aspire. Expire. C’est tout. C’est peu.

Ils avancent à genoux. Ils appellent. Qui ? Quoi ? Leurs semblables peut-être ? Ils rêvent de noir, de repos.

Tout est figé. Seul le sang circule d’un bras à l’autre.

Plus tard, beaucoup plus tard, ils trouveront cette solitude infinie de la statue sur son piédestal, amas de chair, de sang, de cris.

Le vide deviendra béton, de grands ensembles surgiront.

Y.D.

.

>  Découvrez l’ensemble des textes : ICI

.

.

Vous pouvez écrire un commentaire

Vous devez vous inscrire pour envoyer un commentaire.